Comme il a été indiqué précédemment, le site de Greyhawk est une véritable bénédiction. La ville est bâtie sur une étroite bande de terre, entre Le Nyr Dyv et la baie des Moutons, une sorte de pont ou de route naturelle entre l'est et l'ouest de Flanaesse. De plus, elle est placée directement sur le fleuve Sélitane qui relie le Nvr Dyv à la baie des Moutons, permettant à ces régions baignées par les affluents du Nyr Dyv d'avoir accès à la mer d'Azur. Les marchands et les marins préfèrent généralement la Sélitane à la Nessère, plus à l'est, qui traverse le Marais Mordant sur plusieurs kilomètres. Ainsi Greyhawk est un carrefour pour le trafic terrestre et maritime, Le climat tempéré {er même agréable) ne fait qu'agrémenter la situation.
Pendant des décennies, avant la Grande Guerre de Greyhawk, la cité de Greyhawk ne contrôlait qu'une petite région délimitée par le fleuve Sélitane et la rivière Niène, par le Nyr Dyv au nord et par le duché d'Urnst à l'est. Cette région était connue sous le nom de domaine de Greyhawk. Les terres situées au sud de la Niène jusqu'aux Abbor-Alz étaient gérées par la Gynarche d'Âprebaie qui payait un tribut pour éviter d'être absorbée par la cité-état en pleine expansion. Elle pouvait, cependant, faire appel aux troupes de Greyhawk pour sa protection. Greyhawk convoitait également les terres situées à l'ouest de la Sélitane, jusqu'à huit lieues (32 kilomètres) du fleuve, ce qui inclut les abords de la Forêt Noueuse.
Dès la fin de la Grande Guerre, en 584 AC, Greyhawk avait non seulement pris le contrôle de tout le territoire d'Âprebaie, mais également de toutes les terres libres du nord de la Côte Sauvage, d'une bonne partie de la forêt Noueuse et de la majorité des collines des Cairns appartenant au duché d'Urnst, De plus, presque personne n’a contesté l'expansion du domaine puisqu'il était sérieusement menacé par l'Empire orc du sud. La force militaire de Greyhawk était généralement considérée comme le seul rempart contre l'effondrement complet de la Côte Sauvage, et sa puissance économique permit aux régions les plus pauvres du territoire de connaître la prospérité, La paranoïa de l'époque était à l'origine d'un fort sentiment conservateur qui commence à se dissiper aujourd'hui. La structure politique du domaine de Greyhawk ne cesse de changer et certains se demandent si l'oligarchie parviendra à maintenir l'unité du domaine pendant encore longtemps. Les autorités de Puysenar, du Havre et d'Âprebaie ont commencé à se démarquer du régime de Greyhawk et deviennent de plus en plus autonomes dans la prise de leurs décisions, malgré leurs liens étroits avec la ville franche et les menaces communes auxquelles elles doivent faire face. Ces trois villes ont connu des siècles d'indépendance et leur population {si ce n'est leurs gouvernants, désignés par Greyhawk) considère que cette nécessaire alliance avec Greyhawk n'est que momentanée, le temps qu'ils puissent assurer leur propre sécurité. Quel que soit l'avenir, le domaine de Greyhawk est actuellement un royaume puissant et très actif, comme il y en a peu en Flanaesse de nos jours. Cela n'a pas toujours été vrai, cependant, comme le révèle l'histoire de la ville. Les informations suivantes actualisent toutes celles du supplément, « City of Greyhawk », et celles de « From the Ashes ».
HISTOIRE DE GREYHAWK
Il y a un millier d'années, la région connue sous le nom de domaine de Greyhawk était complètement sauvage et beaucoup plus boisée qu'aujourd'hui. Des nomades flanae commerçaient et chassaient avec les Olves (elfes) qui vivaient à l'ouest de la grande forêt couvrant toute la Côte Sauvage, Célène, la plaine de Greyhawk et la plupart des terres au sud de la Velverdyva, On ne sait presque rien de l'histoire des Flanae avant cette époque, mais il est possible que ces gens soient les descendants d'empires er d'états disparus depuis bien longtemps. Le seul vestige en est le monolithe de l’Anneau de Pierre, construit par les druides flanae pour leurs cérémonies, Il se dresse toujours à l'est des remparts de Greyhawk, près de la piste de l'Éry: i1 est aujourd'hui revendiqué par les fidèles de Béorie.
Les fouilles effectuées dans les nombreux tertres funéraires des collines des Cairns laissent supposer que ces collines, en raison de leur isolement, avaient été occupées par des magiciens avant l'arrivée des Suélois en Flanaesse, (On pense que les quatre cairns de l'Étoile, découverts dans les Abbor Alz, sont vieux de 400 à 500 ans.) On n'a jamais pu déterminer avec certitude qui les avait bâtis et certains sages croient que des êtres d'autres mondes ou plans d'existence se sont installés ici pour des raisons inconnues. On ignore également s'ils ont eu des relations avec les Flanae et les proche-humains de la région. Seuls les nains possèdent des témoignages écrits remontant à cette époque, mais ces récits sont cachés dans des endroits secrets protégés par leurs prêtres. Les communautés proche-humaines de Grossettgrottell et de Grisseuil sont vieilles de plusieurs siècles mais pas plus de 900 ans, leurs ancêtres étant originaires de clans inconnus de la région.
Cette période de calme relatif fut troublée par des événements se déroulant dans l'ouest lointain. Pendant des siècles, des tribus de cavaliers barbares oeridiens ont vécu dans les steppes et les collines de ce qui est aujourd'hui UIl. Deux cents ans avant la chute des empires bakluni et suélois, ces barbares s'unirent en une seule confédération pour résister aux incursions de l'empire bakluni franchissant les monts Ulspruë er des nomades bakluni au nord. Cet événement marque le début du Calendrier Oeridien (CO), utilisé par ce peuple jusqu'à la fondation du Grand Royaume.
En l'an 180 CO, le conseil des hetmans de la confédération tribale, suivant l'avis des chamans, décida de conduire les Oeridiens hors de leurs terres ancestrales. Certaines de leurs divinités leur avaient révélé que les Oeridiens étaient destinés à devenir un peuple illustre dont la puissance résidait à l'est. De plus, l'empire bakluni, manquant d'hommes, employait désormais des brutes euroz (orcs) comme mercenaires pour patrouiller sur ses frontières nord, le reste de son armée étant engagé contre les Suélois. (L'empire suélois employait également des euroz ct d'autres humanoïdes comme soldats de première ligne et même pour maintenir l'ordre civil au cœur de son territoire qui s'agrandissait de manière désordonnée.
Abandonnant leurs terres aux Baklunis et poursuivis par des maraudeurs humanoïdes qui ne vivaient que pour piller er tuer, les Oeridiens franchirent la grande passe entre les barrières des Hautes Cîmes et les monts Yatil. Ils traversèrent la vallée du fleuve Tuflik (aujourd'hui la nation de Ket) en 187 CO et commencèrent leur fameuse migration à travers la Flanaesse, qui devait durer des générations.
Les Oeridiens n'étaient pas les seuls à se diriger vers l'est, Des réfugiés suélois fuyaient dans toutes les directions leur empire tyrannique, ravagé par la guerre, En affrontant toures sortes de monstres, bon nombre d'entre eux franchirent la cordillère des Brumes Cristallines par la Passe de Kendeen, qu'ils avaient baptisée la Passe de la Souffrance, pour se mettre à l'abri dans les terres sauvages au-delà de ces monts. Après la Pluie de Feu Incolore, ils furent rejoints par un flot de survivants qui franchirent la cordillère des Brumes Cristallines par le passage de Slérotin. Ce tunnel créé par magie, qui n'a été découvert que récemment et qui est en cours d'exploration, débouchait à la frontière de ce qui est aujourd'hui la Francheterre. Bien que les nouvelles terres qu'ils découvrirent fussent verdoyantes et fertiles, la plupart des Suélois continuèrent vers l'est, désireux de mettre le plus de distance possible entre eux et l'empire décadent.
Les derniers des Suélois à franchir la cordillère des Brumes Cristallines, les Maisons Rhola et Néhéli, prirent possession de la vaste er fertile vallée du fleuve Sheldomar. Quand les tribus oeridiennes qui se dirigeaient vers le sud entrèrent dans la vallée et que l'inévitable conflit qui s'ensuivit fut terminé, les deux peuples s'unirent et bâtirent une nouvelle civilisation pour ne plus songer à l'ancienne. C'est ainsi que le royaume de Kéolande fut fondé, en 303 CO.
La majorité des Suélois poursuivirent leur migration. Ils quittèrent la vallée du Sheldomar, avançant vers l'est par des défilés dans les monts Lortmils, jusqu'à ce qu'ils atteignent les forêts et les plaines entre le Nyr Dyv et la baie des Moutons. Certains tentèrent d'atteindre le nord du Nyr Dyv mais ils furent repoussés par les tribus guerrières oeridiennes qui descendaient la Velverdyva à la recherche de leur destinée. Bon nombre de ces Oeridiens s'installèrent sur les berges de cette riviére, formant les premières communautés de ce qui allait devenir le vice-royaume du Ferrond et qui est aujourd'hui la Furyondie et Véluna.
Quelques clans suélois s'établirent sur la côte ouest de la baie des Mourons en 300 CO (340 ans avant le couronnement du premier roi suprême),.La plupart avaient été repoussés dans la région par les Olves de ce qui est aujourd'hui la Forêt Noueuse, la forêt de Mortesylve er Célène. Sur cette étroite bande de terre, les Suélois établirent les bases des ancestrales traditions de la Côte Sauvge : in dépendance, aventure, exploration maritime mais aussi fourberie, esclavagisme, vol, brigandage, piraterie, trafic d'humanoïdes, etc. Certains groupes d'humanoïdes rencontrés dans les Lortmils par les Suélois furent incités, par les menaces et la corruption, à se joindre à eux au cours de leur exploration de la côte ; de nombreux proche-humains malfaisants, de toutes les races, appréciaient également cette région. On dit que les ruines d'une cité suéloise gisent sous la forêt des Murmures ; on pense qu'il s'agissait d'un port installé le long du fleuve Joyau, au sud-est d’Elredd, er que ce fut pendant des siècles le cœur d'une perversité insondable, jusqu'à sa chute. On dit que les descendants de ses habitants fondèrent la ville de Sombremur.
La majorité des Suélois continuèrent plus loin vers l'est, guidés par les légendes flanae qui évoquaient une grande plaine fertile baignée par une grande rivière et dont la faune était abondante. Ils franchirent le fleuve Sélitane (où les moins aventureux s'établirent en tant que pêcheurs et fermiers), évitèrent le marais des Brumes infesté de reptiles, puis traversèrent les collines des Cairns et débouchèrent dans une vaste plaine tempérée, aussi riche que cela était dit dans les légendes flanae mais sans aucune rivière importante. Ils repoussèrent les chasseurs flanae vers le sud, loin du Nyr Dyv et des plaines, vers les Abbor Alz. Certains Suélois se dirigèrent par erreur vers le sud, jusqu'au Désert Étincelant, pensant que leur paradis se trouvait dans cette direction. Quand ils se rendirent compte de leur erreur, ils n'étaient plus en mesure d'affronter les tribus flanae des collines des Abbor Alz, assoiffées de vengeance. Ces dernières les empêchèrent de quitter le désert où ils restèrent prisonniers. Les descendants de ces deux peuples vivent encore dans ces régions.
Les Suélois les plus chanceux occupèrent la plaine et les vallées au sud et à l'est du Nyr Dyv établissant une civilisation qui finit par mettre en valeur ses meilleurs côtés. Ils baptisèrent leur royaume légèrement despotique, Urnst, d'après une ancienne Maison impériale suéloise. D'autres Suélois migrèrent vers le nord-est et l'est, poursuivis (une fois encore) par les barbares oeridiens, qui avaient suivi parallèlement la progression suéloise vers l'est, mais en passant au nord du Nyr Dyv Bien que beaucoup pensent que les Suélois qui se sont dirigés vers la Péninsule de Thillonrian et celle de Tilvanot fuyaient les oeridiens, certaines preuves laissent penser que ces clans furent forcés de quitter leurs terres du Nyr Dyv sous l'influence de leurs cousins plus civilisés qui en avaient assez du banditisme et du chaos et qui ne désiraient que le repos et la sécurité.
Pendant ce temps, les oeridiens avaient nettoyé et colonisé la région au nord du Nyr Dyv er ils se mêlèrent aux Suélois à l'est du lac. Menés par la plus puissante tribu des Aerdis, la majorité d'entre eux continuèrent vers l'est, suivant les mêmes légendes flanae évoquant une magnifique plaine baignée d'une rivière, qui avaient attiré les Suélois. Les Oeridiens ne pouvaient pas être plus chanceux. Après avoir franchi les rivières Franz, Duntide et Harpe, massacré des monstres er pillé des fermes, ils découvrirent une terre encore plus merveilleuse. Enfin, tout à l'est de Flanaesse, les Aerdis atteignirent le fleuve Flannie. Il ne leur restait plus qu'à chasser les Suélois et les Flanae pour que naisse le royaume d’Aerdie.
Derrière eux restaient des Suélois qui s'étaient lassés très tôt de leur migration et avaient établi leurs demeures sur les rives de la Sélitane. Il existait à l'époque quelques échanges commerciaux
entre les Suélois d'Urnst, qui englobait alors le comté er le duché d'aujourd'hui, et les hors-la-loi suélois de la Côte Sauvage (région qui portait déjà ce nom). On échangeait également quelques produits avec le territoire oeridien de Nehron (du nom de la tribu), à l'est d'Urnst, ainsi qu'avec le royaume de Kéolande, fondé environ un siècle avant le royaume d'erdie (en 303 CO pour le premier et en 428 CO pour le second). Les Suélois installés le long de la Sélitane participaient peu à ce négoce, mais certains s'enrichissaient en trouvant des gués, en y installant des bacs, en transportant des marchandises sur la baie des Mourons et en aménageant des fermes et des auberges pour y vendre de la viande et d'autres produits aux voyageurs affamés, Quatre de ces communautés sont importantes.
La plus ancienne, le Puits de Nær, fut tout d'abord constituée d'un petit groupe de fermes construites autour d'une source, en 260 CO. Elle se transforma en un village fortifié qui commerçait avec les petites communautés côtières et les Olves suffisamment tolérants, audacieux où corrompus pour négocier avec les villageois. Le Puits de Nar (aujourd'hui Puysenar) eut très rapidement la réputation de soutenir les bandits du coin, qui servaient d'éclaireurs pour la ville mais aussi de mercenaires pendant les guerres avec les Olves belliqueux, les monstres des forêts, les bandes d'humanoïdes et leurs voisins suélois.
Port Tranquille (aujourd'hui Le Havre) fut construit sur la côte, commerça avec le Puits de Nær, développa ses bateaux de pêche et ses petits navires de commerce et soutint les corsaires qui arraisonnaient les bâtiments marchands des autres villes de la Côte Sauvage. Alors que la ville se développait, on commença à utiliser des pierres pour construire les demeures de ses habitants les plus riches, qui auraient été considérés comme des petits seigneurs de la guerre partout ailleurs. La ville fut appelée Port Tranquille car elle était capable de se défendre contre des assauts, bien qu'elle demeurât dépourvue de lois pendant des années. (Au cours de ce siècle, quand on eut commencé à faire respecter la loi en ville, on disait que, dans certaines de ses rues, on ne courait aucun danger. C'est tout à fait faux. Après la chute du sud de la Côte Sauvage, Le Havre s'est de nouveau tourné vers le mal). Port Tranquille et le Puits de Naer, malgré leurs désavantages, n'avaient pas la population humanoïde qui devenait caractéristique des autres cités du sud de la Côte Sauvage. Cela permettait aux cités du nord d'être un peu mieux considérées par les Olves de l'ouest.
En 366 CO, une magicienne suéloise, appelée Ena Norbe, quitta Port Tranquille avec un groupe de serviteurs, à bord d'un petit navire marchand. C'était une fidèle de Wee Jas, la déesse suéloise de la magie, et elle souhaitait s'établir dans une région où elle pourrait effectuer ses recherches en paix. Elle ordonna que l'on jette l'ancre dans une anse, à l'est de l'embouchure de la Sélitane, Elle s'appropria et chassa les pêcheurs suélois et flanae des berges. Elle revendiqua la baie et l'appela Port Norbe, Sur ses ordres, ses serviteurs {er les quelques pêcheurs du coin qui étaient revenus) commencèrent la construction d'un petit village et d'une tour. En raison des épidémies et du mauvais temps, la communauté prit le nom d'Âpre-Baie (puis, plus tard, Âprebaie). Le règne despotique de la Gynarche était assez modéré comparé à ce qui se passait dans les autres villes de la Côte Sauvage : considérée comme froide et cruelle, elle réussit cependant à défendre sa communauté contre les raids des pirates des cités de la côte Sauvage.
La Gynarche et ses descendants devinrent très populaires et leurs sujets loyaux et agressifs. Toutes les filles de la Gynarche apprenaient la magie, se mariaient à des soldats et des marchands et engendraient d'autres filles. Elles étaient les seules à pouvoir gouverner ou posséder des terres (qui étaient réparties en fiefs, comme le veut le système féodal), et personne n'osait défier leur puissance magique. Cependant, les hommes (et les femmes ne descendant pas de la Gynarche) pouvaient vivre confortablement grâce à la pêche, l'agriculture, la chasse et le commerce. De solides relations commerciales furent établies avec les cités de la Côte Sauvage, à l'ouest, et avec Greyhawk, au nord. La sombre baie d'Âpre-Baie s'avéra très profonde, permettant ainsi à toutes sortes de navires d'accoster (les barges de marchandises et les galères de l'époque mais aussi, bien plus tard, les caravelles er les navires, comme les caraques, les cargos et les galions).
Âprebaie est restée indépendante pendant la plus grande partie de son existence, atteignant son apogée entre 205-220 AC (849-864 CO), quand les marins de combat et la flotte de la Gynarche Jik Jonnosh incendièrent plusieurs villages soutenant les pirates, le long de la Côte Sauvage, au nord du Havre, et revendiquèrent toutes les terres sur dix lieues à la ronde de la côte. Cette revendication fut abandonnée quand aucun nouveau raid ne fut enregistré. Cependant, Le Havre, Phax et Grandport, plus au sud, continuaient à semer le trouble. La ville a résisté aux épidémies, aux incendies, aux pirates, à la guerre, à la famine, aux monstres, aux assauts des humanoïdes et à la folie d'une de ses Gynarches qui a bien failli engloutir la ville, Grâce aux nombreux bardes de la région et à la propension qu'ont les Gynarches à noter tous les détails de la vie quotidienne pour la postérité, l'histoire de cette ville est la plus complète de toutes les communautés de la région, y compris Greyhawk.
La quatrième communauté importante est, bien entendu, Greyhawk, qui est connue sous ce nom depuis au moins l'année 330 CO, en raison d'une espèce de petits faucons gris vivant dans la région. La ville est née autour d'un comptoir commercial entouré de cabanes, sur les berges de la Sélitane, approximativement à l'endroit où se trouve la Porte des Docks. Les marchandises provenaient de la tribu sédentaire oeridienne Ferroi, installée au nord de la Velverdyva, dans la région qui est aujourd'hui la Furyondie et Véluna. Mais aussi de la tribu oeridienne Nehron, de la rivière Duntide, aujourd'hui Nyrond : nehr/nyr, signifiant « lac », pour le Nyr Dyv, le « lac profond/sans fond » situé à l'ouest).
Les nains et les gnomes des collines Lortmil échangeaient des armes en fer contre des objets magiques, pour affronter leurs ennemis héréditaires, les gobelins ct les orcs. Les Suélois d'Urnst et les elfes de la Forêt Noueuse avaient également commencé à commercer entre eux et Greyhawk était une étape naturelle entre l'est et l'ouest. Puis, les navires de commerce et de pêche du Havre, de Phax, d'Âprebaie et d'autres villages côtiers remontèrent la Sélitane jusqu'à Greyhawk et le Nyr Dyv. Le trafic commercial des navires allant au nord et au sud et les caravanes allant d'ouest en est) permit à la ville Franche de s'étendre au cours des siècles. Elle eut tout d'abord la réputation d'être un lieu de rencontres agréables et profitables pour les marchands, même si le comptoir était rudimentaire et dénué de lois.
Mais des choses plus importantes se préparaient. En 535 CO, la cavalerie nyrondaise fut vaincue par les troupes d'Aerdie, commandées par les nobles de la Maison Rax, au cours de la Bataille de Quinze Jours. Très rapidement, toutes les terres à l'ouest de la Harpe, jusqu'au Nyr Dyv furent envahies par des fermiers, des chasseurs, des pêcheurs, des marchands, des bandits et des soldats d'Aerdie. Cette conquête transforma le royaume d'Aerdie, dont la destinée était désormais de régner sur Flanaesse.
En 645 CO (1 AC), le premier roi suprême, Nasran de la Maison Cranden, fut couronné à Rauxès. Le royaume d'Aerdie était devenu un empire et ses frontières s'étendaient vers l'ouest et le nord sans résistance. À cette époque, les limites de la province du Nehrond (le nom ayant été déformé par les Aerdis conquérants) atteignaient les collines des Cairns et les Abbor Alz. En 4 AC, un capitaine d'infanterie opportuniste, Maret Nial (originaire de Greyhawk) traversa les collines des Cairns avec un groupe d'anciens soldats qui avaient servi sous ses ordres au cours de la campagne du Nyrond, un an plus tôt. Nial arreignit le village de Greyhawk, proclama qu'il l'avait conquis sans avoir à le vaincre miliairement et entreprit, avec l'aide de ses hommes, de construire un fort entouré d'un mur d'enceinte, à l'endroit où se dresse aujourd'hui la Grande Citadelle. (II ne reste rien de ce fort). L'autorité de Nial ne fut pas contestée par les villageois qui n'avaient aucun moyen de le renverser. Tous craignaient de tomber sous la coupe du cruel régime d'Aerdie. Ils se trompaient lourdement.
Rétrospectivement, Nial a fait preuve d'une intelligence et d'une sagesse bien supérieures à ce que les gens soupçonnaient. Il déclara que son domaine faisait partie du Grand Royaume ; il devait donc s'acquitter d'une dime impériale, mais cela permit de renforcer la sécurité du territoire contre le banditisme et la piraterie, grâce aux ressources du roi suprême. (Cela permit aussi d'éviter une conquête un peu plus sanguinaire par d'autres immigrants avides de terres). Plutôt que d'exploiter ses sujets, Nial exigea un impôt modéré, sauf pour les marchands qui furent plus lourdement taxés. Mais ces derniers étaient satisfaits qu'on leur accorde une sorte de monopole « royal » sur la gestion du trafic terrestre et maritime.
Nial fit construire des routes en terre, allant du sud de des routes en verre, allant du sud de Greyhawk au port indépendant d'Âpre-Baie (Âprebaie), et, vers l'ouest, jusqu'à la ville de Dyvar (« eau profonde » en oeridien, appelée Dyvers de nos jours). Dyvar tira bénéfice de ses liaisons terrestres et maritimes avec Greyhawk, et devint une grande ville commerciale au sein du vice-royaume du Ferrond établi en 100 AC.
L'autoproclamé seigneur Nial semble avoir instauré pendant cette période une sorte de marchandage de protection autour du trafic marchand est-ouest en constante hausse, tandis que le Grand Royaume grandissait lentement au cours du 1° siècle. Les anciens cairns des collines des Cairns avaient été découverts des siècles plus tôt par des immigrants suélois. Selon l'origine des explorateurs, les fruits de leur pillage partirent vers l'est en navires, jusque dans les ports du Nyr Dyv de la province de Nehrond, ou, à l'ouest et au sud, en barges et en caravanes. Tous les convois à destination de Greyhawk étaient épargnés par les bandits, alors que les caravanes de lingots d'argent et d'anciens joyaux se dirigeant dans d'autres directions étaient régulièrement atraquées. Il devint très vite clair que, pour assurer la sécurité des marchandises, il fallait négocier avec le seigneur Nial, afin que ses soldats protègent les caravanes, et passer par Greyhawk, où les marchands locaux se faisaient une joie de s'occuper de tout. Ces richesses permirent à Greyhawk de véritablement enfler et de devenir un port important en moins d'une dizaine d'années ; aux environs de l'an 15 AC, sa population était passée de deux cents individus à plusieurs milliers. Cette expansion fut le signe avant-coureur de la ruée des aventuriers vers les donjons du château de Greyhawk, mais cela engendra aussi une longue tradition de banditisme semi-légal dans les collines des Cairns.
Le seigneur Nial devint très riche. Il dirigeait désormais une troupe constituée de plusieurs centaines de soldats bien entraînés, tous particulièrement familiarisés avec la région. Pour service rendu à l'empire, le roi suprême accorda à Nial le titre de Landgrave de la Sélitane, Sélitane étant le nom officiel de son domaine. Il contrôlait un territoire allant des collines des Cairns jusqu’à la rivière Niène et, à l'ouest, jusqu'aux abords de la Forêt Noueuse. (Comme cette région était très peu peuplée à cette époque et que les monstres étaient nombreux, il contrôlait donc un espace beaucoup plus petit). Cette reconnaissance de la Sélitane engendra un nouveau boom commercial, puisqu'on considérait la région comme beaucoup plus sûre qu'elle ne l'était en réalité. L'importance géographique de de plusieurs cen-taines de soldats bien entraînés, tous particulièrement familiarisés avec la région, Pour service rendu à l'empire, le roi suprême accorda à Nial le titre de Landgrave de la Sélitane, Sélitane étant le nom officiel de son domaine. I] contrôlait un territoire allant des Cairannes jusqu’à la rivière Niène et, à l'ouest, jusqu'aux abords de la Forêt Noueuse. (Comme cette région était très peu peuplée à cette époque et que les monstres étaient nombreux, il contrôlait donc un espace beaucoup plus petit.) Cette reconnaissance de la Sélirane engendra un nouveau boom commercial, puisqu'on considérait la région comme beaucoup plus sûre qu'elle ne l'était en réalité. L'importance géographique de Greyhawk en tant que lien entre le cœur de l'empire et ses provinces occidentales n'avait échappé à personne et de nombreux marchand se rendirent dans cette ville en espérant y obtenir un monopole quelconque.
Le fils et l'héritier du seigneur Nial. Ganz, était plus un bureaucrate qu'un soldat, plus un gestionnaire qu'un chef. Cependant, ce fut un très bon administrateur et il avait hérité de la perspicacité de son père. Il épousa Maro, fille de la Gynarche d'Âprebaie, forgeant ainsi une alliance précaire mais durable entre les deux villes. Bien que Greyhawk et Âprebaie aient été rivales dans le domaine politique et économique pendant des siècles, er que leurs relations aient été assez houleuses de temps en temps, aucun conflit n'avait jamais éclaté entre elles et elles se soutenaient mutuellement en cas de danger. Ganz instaura également de nombreuses procédures comptables qui sont encore utilisées aujourd'hui et qui permirent d'accroître l'efficacité commerciale des deux cités.
Aux environs de l’an 43 AC, Ganz ordonna l’expulsion des Abbor-Alz d’une armée d’humanoïdes menée par six lanceurs de sorts; cette troupe avait, une semaine plus tôt, tenté sans succès de ravager Âprebaie. Ganz et sa femme recrutèrent plusieurs magiciens de la région et prirent à des citoyens plusieurs objets magiques (par la force, dit-on), puis utilisèrent leurs moyens rassemblés à la va-vite pour générer des illusions épouvantables qui brisèrent le moral des envahisseurs, Enfin, Ganz offrit des récompenses pour la capture ou la mort des six lanceurs de sorts à la tête des humanoïdes. Des aventuriers se rendirent à Greyhawk et à Âprebaie pour traquer ces hommes qui furent tous tués avant la fin de l'année, Le meilleur de ces chasseurs de primes fut engagé par Ganz pour d'autres services, une pratique qui, des années plus tard, mena à la fondation de la semi-légale Guilde des assassins de Greyhawk.
Les héritiers de Ganz et de Maro (qui devint Gynarche en 49 AC) héritèrent d'un domaine pourvu d'un énorme potentiel. Avec la province de Sélitane rattachée au Grand Royaume, les communautés de la région se développèrent. La situation commerciale de Greyhawk et son aversion pour l'autorité lointaine (en d'autres termes, le roi suprême) lui donnèrent un caractère libéral. Même les nobles de la ville faisaient en sorte de se démarquer du Grand Royaume, aussi bien par leurs propos que par leurs actes, quand les officiels de Rauxès n'étaient pas présents. La ville devint aussi célèbre pour le grand nombre d'escrocs, de voleurs et de marchands véreux qui s'y rendaient dans l'espoir de faire fortune dans cet environnement commercial.
La corruption parmi les marchands pouvait être tolérée, puisqu'il y avait assez de richesses pour tout le monde. Cependant, le banditisme dans les collines des Cairns devint un sérieux problème, d'autant que ces malfaiteurs n'avaient aucun lien avec le Landgrave de Sélitane. On érigea des remparts autour de Greyhawk aux environ de l'an 200 AC, qui devint plus tard la Vieille Ville, la Grande Citadelle fut entièrement reconstruite en une imposante forteresse de pierre dotée d'une importante garnison de soldats d'Aerdie. Cette démonstration de force permit de faire fuir de nombreux brigands de la région et de gagner le respect de ses habitants. Cela provoqua également la colère de nombreux cultes maléfiques établis à Greyhawk. Après l'assassinat du commandant de la garnison et du Landgrave de Sélitane, en 209 AC, l'officier qui leur succéda proclama la loi martiale et entra en ville à la tête de ses troupes. Ses soldats brûlèrent plusieurs temples maléfiques, massacrèrent tous les fidèles des divinités démoniaques qu'ils purent trouver et réquisitionnèrent leurs propriétés. Cet événement, le Bannissement du Mal, jeta les bases de la politique actuelle d'intolérance vis-à-vis des divinités maléfiques er de leurs prêtres d'Urnst.
Le nouveau commandant de la ville, Ponjes le Taureau, réorganisa le gouvernement de la ville. Seigneur de facto de la région (le jeune Landgrave n'avait pas d'héritier), il ordonna la formation d’un conseil constitué des chefs les plus importants de la ville. Il comprenait des marchands, des prêtres, les chefs de la Garde et de la milice de la ville et tous ceux que Ponjes considérait comme détenant un pouvoir politique. Ce conseil se réunissait tous les mois pour discuter des affaires importantes. Ponjes devint très populaire car il écoutait la population. Peu de gens se plaignirent quand on apprit que le roi suprême l'avait nommé Landgrave de Sélitane. Il n'utilisa cependant jamais son titre, préférant se faire appeler Bailli de Greyhawk. Il passa le reste de sa vie à ce poste, s'efforçant de balayer la corruption qui menaçait d'étouffer le commerce.
Jusqu'en 254 AC, on connut un nouveau boom commercial. De plus en plus de maisons étaient construites le long de la route menant de la ville de Greyhawk à la Grande Citadelle. (Les citoyens les plus riches bâtissaient leurs habitations le plus près possible de la citadelle). Une puissante industrie textile vit le jour et la ville exportait la laine des troupeaux des collines des Cairns et du coton cardé. Les chasseurs savaient conserver les viandes dans le sel de la baie des Moutons et un grand commerce de viande commença alors. L'exploration des collines des Cairns er des Abbor Alz par les chasseurs de trésors se poursuivait et l'on découvrit le très particulier Cairn d'Argent (on en perdit la trace peu de temps après). Âprebaie devint particulièrement puissante vers l'an 200 AC, sous le règne de la Gynarche Jonnosh, dont la marine et les marins de combat vainquirent de nombreux piratesde la baie des Moutons ; cette ville était, encore une fois, indépendante de Greyhawk.
C'est aussi à cette époque que les premiers Rhéniens apparurent à Greyhawk Certains arrivèrent en chariots, par le duché d'Urnst, fuyant les persécutions à l'est du Grand Royaume, mais d'autres vinrent en bateau, ayant appris à naviguer sur les rivières de la Flanesse centrale. Les Rhéniens semblaient déconcertés par la flore et la faune de la région et ils affirmèrent venir d'un autre monde ou d'un autre plan appelé Rhop. Leurs origines exactes et la manière dont ils arrivèrent sur la Flanaesse n'ont jamais été élucidées mais ils ne sont certainement pas natifs de la Toerre. On pense qu'ils sont apparus pour la première fois sur la Flannesse dans les environs de la forêt d'Adri, en l'an 150 AC, migrant vers l'ouest pour éviter le harcèlement des troupes et des citoyens d'Aerdie. Au fur et à mesure, les Rhéniens abandonnèrent leurs terres pour devenir des nomades des rivières centrales, jusqu'à aujourd'hui où certains se sédentarisent. Leurs relations avec les Greyhawkers n'ont jamais été bonnes, mais les Rhéniens sont mieux acceptés dans la ville Franche que dans le duché d'Urnst ou ailleurs.
Cette époque fut aussi marquée par le déclin de la souveraineté d'Aerdie à Rauxès. Cette période, l'Âge de la Grande Tristesse, amena un changement radical en 230 AC, quand les soldats d'Ærdie se retirèrent de Greyhawk et que le Landgrave fut chargé de défendre la région de Sélitane avec sa seule milice, Cec ordre fut brièvement suspendu en 254 AC, quand la Furyondie se déclara indépendante du Grand Royaume, ce qui plaçait Greyhawk juste à la frontière de l'ancien vice-royaume. Une importante force impériale fur alors cantonnée en ville, tandis qu'un contingent moins important campait près d'Âpreville. Cependant, les escarmouches avec les troupes de Furyondie ne menèrent à rien. Le roi suprême retira se troupes en 261 AC, ne laissant plus qu'un peut détachement à Âprebaie, jusqu'en 277 AC.
Alors que l'armée d'Aerdie se retirait, le Landgrave de Sélitane reçut l'ordre de transformer sa milice en troupe impériale et de défendre la frontière entre le Grand Royaume et la Furyondie. Le Landgrave (Om, fils de Ponjes, souvent appelé Omt le Velu} avait ouvert des négociations secrètes avec les représentants du roi Thrommel I, à Dyvers. Il savait que Greyhawk n'avait rien à craindre de ce nouveau royaume qui, de son côté, pensait que la prise de Greyhawk provoquerait une contre-attaque déterminée des puissantes troupes de Rauxès d'Urnst, Omt en profita plutôt pour renforcer la prépondérance de sa ville sur le commerce est-ouest et il parvint à convaincre les officiels d'Urnst d'accepter les marchandises de Furyondie. Le commerce fluvial, qui avait baissé durant la sécession furyondienne, reprit de l'ampleur.
En 310 AC, cependant, Greyhawk connut une forte récession. Une succession de rois suprêmes particulièrement incompétents avaient exigé tellement de taxes que tout le commerce avec la Furyondie avait pratiquement cessé. De nombreuses entreprises de la ville firent faillite et quittèrent la région. On continuait à commercer avec d'autres cités et états par la rivière mais les Rhéniens se montraient durs en affaire. Dans le Nyr Dyv, des monstres apparaissaient en grand nombre et des « rois bandits » se multipliaient au nord du lac. Greyhawk devint le refuge des criminels fuyant l'Aerdie, et son Oligarchie (le nom du conseil de la ville) avait sombré dans la corruption et la bassesse.
C'est alors qu'apparut le magicien Zagig Yraguerne, que l'on dit être né quelque part sur la Côte Sauvage. I était petit, plutôt gros et il avait un visage rond rougeaud. Les premiers rapports concernant son arrivée à Greyhawk le présentent comme le « mage riant » où « le mage fou ». Il étai connu pour son excentricité et son sens de l'humour insondable. Zagig amena quelques richesses avec lui, qu'il utilisa pour construire un petit manoir au nord de la cité, dans les collines des Cairns. Il parvint à obtenir un siège au sein de l'Oligarchie en corrompant tous ses membres, puis se fit élire Bailli, Le reste, c’est de l'histoire.
Zagig fur sans aucun doute le plus grand citoyen et dirigeant de Greyhawk. La liste de ce que son administration a accompli est impressionnante. Il a réformé le code civil de la ville, établi son système monétaire, réorganisé la milice et l'a conduite à de nombreuses victoires contre les bandits des collines des Cairns. Il a fait illuminer le canal reliant la Baie Centrale à la Sélitane, fondé la Guilde de Magie, invité les érudits à Greyhawk pour créer des collèges, fait construire les égouts et l'arène de la ville, supervisé la création de deux mines dans les collines des Cairns (le Lac Diamant et Sources Chaudes), organisé Le premier Festival de magie, etc. Zagig devint tellement riche qu'il fit reconstruire son manoir et le fit agrandir une bonne douzaine de fois jusqu'à ce que toute une industrie se crée en ville juste pour assouvir ses penchants de bâtisseur, Avant que le nouveau mur d'enceinte soit construit, après le règne de Zagig, on pouvait apercevoir les lumières colorées au sommet des trois tours de son château des rues de la cité. Le qualificatif de « Joyau de Flannesse » fut utilisé par Zagig lui-même dans un discours dans lequel il exprimait son désir que Greyhawk devienne la « clé de voûte de la civilisation ».
Le règne de Zagig fut remarquable à bien d'autres égards. À cette époque, Nyrond se rebella contre la Maison royale de Rax et forma le royaume du Nyrond, coupant Greyhawk de tout contact avec le Grand Royaume après l'année 356 AC. Cela fut célébré dans les rues de la ville qui souffrait depuis longtemps des pulsions chaotiques des rois suprêmes. Zagig ne déclara pas l'indépendance de sa ville à cette époque, croyant peut-être (comme tout le monde) que le Grand Royaume reconquérait le Nyrond et reviendrait pour revendiquer Greyhawk. Peut-être aussi s'en fichait-il éperdument, Le royaume de Kéolande atteignit son apogée à cette époque et la Furyondie connut un renouveau dans le domaine des arts et de la littérature. Le commerce explosa littéralement à Greyhawk, d'incroyables fortunes se bâtirent chaque mois et les caravanes et les navires marchands accaparèrent complètement les _ressources et la main-d’œuvre de la ville, Ce fur un âge de grandeur sans pareil, mais cela eut un prix.
Si Zagig a été le plus grand seigneur de Greyhawk, il en fut aussi le plus dangereux et certainement le plus redouté. Sa personnalité excentrique sembla se détériorer graduellement après 370 AC. L'Oligarchie et de nombreux citoyens craignaient ses sautes d'humeur et ses colères. Il devenait évident pour beaucoup que le mage avait cessé de vieillir et que ses pouvoirs magiques éraient tellement effarants que chacun de ses mots avait force de loi : personne n'osait le défier. Les rapports de cette époque semblent évoquer un monde de rêves et de folies. Parmi les notes d'une réunion de l'Oligarchie, au cours de Regain de l'an 400 AC, il est indiqué que Zagig était accompagné d'un dragon noir qu'il avait capturé dans le marais des Brumes, d'une petite armée d'homoncules, d'un golem de chair habillé comme un roi suprême et d'un artefact inconnu qui brûla le petit doigt d'un oligarque quand Zagig joua avec. (La manière dont l'oligarque réagit n'est pas indiquée).
Il était évident qu'en 395 AC, Zagig possédait un pouvoir illimité mais qu'il était aussi complétement fou. Il dessina les plans du grand mur d'enceinte qui entourerait Greyhawk au sud de Ia Grande Citadelle, jusqu'au rempart nord de la Vieille Ville (ceinturant toute la Nouvelle Ville). Mais il avait apparemment prévu que ces remparts seraient faits de matières élémentaires, tels l'eau, le feu ou l'air. Que cela puisse entraîner des répercussions sur les citoyens de la ville ne semblait pas du tout le préoccuper. La cité prospéra, mais souffrit pendant les dernières années de son règne. Quand on lui demanda en privé ce qu'il pouvait désirer de plus pour une cité qui avait déjà tout, un oligarque anonyme eut une réponse des plus brèves : « la santé mentale ».
Puis vint le jour de 421 AC où Zagig ne se présenta pas au conseil de l'Oligarchie. Depuis, aucun mortel sur Toerre ne l'a revu. Ce jour, le 8 du mois de froidure, est commémoré discrètement par tous les oligarques er les Seigneurs Baillis de la ville, qui partagent une miche de pain et quelques coupes d'eau au Palais du Seigneur Bailli. Ce dernier commence le repas par une prière adressée aux dieux afin que Greyhawk reste « normale ».
En 430 AC, la ville s'était remise du long règne de Zagig. On découvrit que son château était à l'abandon maïs protégé par des sortilèges er des créatures défiant l'imagination : on le crut maudit et on l'abandonna. De nouveaux remparts (en pierre) furent érigés autour de la ville et on la divisa en quartiers. Après un tragique accident avec de la viande empoisonnée en 432 AC, la première des grandes guildes de Greyhawk fut créée, la Guilde des bouchers. D'autres guildes suivirent quand on se rendit compte de la puissance commerciale détenue collectivement par les bouchers. L'Oligarchie fur contrainte de réduire les taxes pour les membres des guildes afin d'éviter une révolte générale. Les rumeurs de désordres sociaux, de révoltes et de guerre civile dans le lointain Grand Royaume intriguaient les citoyens, mais avaient peu de répercussions sur leur vie quotidienne. Des navires et des marchands de la Ligue de Fer furent reçus à Greyhawk et, quand les États d'Ulek et de Célène devinrent des royaumes semi-indépendants, leurs marchands et leurs représentants furent également les bienvenus.
Plus préoccupante était la tension entre le duché d'Urnst et le Nyrond. Certains craignaient qu'elle ne dégénère en guerre totale (ce qui avait failli se passer un siècle auparavant). Cela resta heureusement une guerre de mots entre les capitales, Leukish et Rel Mord. Beaucoup moins plaisantes étaient les nouvelles du nord, faisant état d'un conquérant nommé luz qui, disait-on, n'était pas tout à fait humain, et de la chute de la Pérennelande conquise par une armée d'humanoïdes commandée par une sorcière nommée Iggwilv. Les Guerres de la Haine commencèrent en 498 AC, par un affrontement féroce entre des humanoïdes, des nains et des gnomes, dans tous les monts Lortmils et les collines de Kron. Greyhawk aida les proche-humains en leur fournissant argent et matériel, soucieuse de ne pas perdre les précieuses gemmes que lui fournissaient les dwurs et les noniz.
L'année 498 AC marqua un tournant dans la politique internationale de la ville. Le Seigneur Bailli Pærinn déclara que Greyhawk était désormais et à jamais une cité indépendante, qui n'était alliée ni avec le Grand Royaume ni avec aucun autre État (ce fut le seul acte notable du Bailli). Il était clair pour tous que toute association avec Le Grand Royaume était désormais impensable compte tenu de l'ignoble comportement des rois suprêmes de la Maison Naélax. Greyhawk ne pouvait que tirer profit de cette politique de neutralité, mais il fallut du temps pour que ses gouvernants s'en rendent compte.
Greyhawk était menacée, dans ses propres murs, par un problème majeur. La disparition de Zagig avait créé un vide. Les oligarques avaient été de simples hommes de paille pendant des générations et la ville était livrée à la corruption. Dix ans après la disparition de Zagig, des voleurs et des hommes d'affaires véreux s'étaient unis pour s'enrichir sur l'énorme volume des échanges commerciaux. Parodiant les nombreuses guildes de la ville, les chefs des voleurs, des malfrats, des contrebandiers et des charlatans baptisèrent leur organisation, la Guilde des voleurs et ce nom perdura. La Guilde des voleurs soudoya rapidement plusieurs membres de l'Oligarchie et devint tellement puissante que même la milice de la ville obéissait aux ordres du maître de la guilde. Les échanges commerciaux à Greyhawk se mirent à péricliter, les marchands étrangers cherchant de nouvelles routes commerciales pour éviter d'avoir à payer des pots-de-vin de plus en plus élevés.
Pendant quelque temps, l'avenir de Greyhawk fut assez compromis, La ville était en plein déclin, encore une fois. La guerre dans les Lortmils était incertaine. La Pérennelande s'était débarrassée de la domination d'Iggwilv mais Juz (que l'on disait être le fils d'Iggwilv er d'un démon) annonçait son intention de s'emparer du « Joyau de Flannesse » pour le mettre sur sa couronne. Il se vanta même d'envisager de visiter la ville en personne.
Puis, en 505 AC, luz disparut. Des rumeurs émanèrent de sources inconnues, prétendant que le monstrueux tyran était venu à Greyhawk, mais qu'il avait été victime d'un piège tendu longtemps auparavant par Zagig, dans les profondeurs de son château. En 510 AC, ce fur la fin des Guerres de la Haine remportées par les proche-humains. De grandes fêtes furent organisées des jours durant par les nains, les gnomes et leurs alliés humains. La joie fut de courte durée. La péninsule de la « Pauvre Marche », gouvernée par de petits seigneurs humains, fut prise par des hordes d'orcs, de gobelins et d'autres humanoïdes chassés des Lortmils. Malgré cela, le Pomarj pouvait encore être isolé militairement pour empêcher les humanoïdes de semer une nouvelle fois le trouble sur la Flanaesse. C'est tour du moins ce que l'on pensait à l'époque. De nouveaux problèmes apparurent au nord, après la chute de luz. Un groupe d'humains maléfiques, se faisant appeler la Société Cornue, créa un État qui menaça le trafic fluvial de la Furyondie, puis la Furyondie elle-même ainsi que la Pavoisie, au bord du Nyr Dyv. La Société Cornue tenta à plusieurs reprises de s'immiscer dans le gouvernement de Greyhawk et sa milice, mais elle n'y parvint jamais.
On prévoyait également des réformes dans la ville Franche. Se rendant compte que les excès de la Guilde des voleurs nuisaient aux profits, l'Union des marchands et commerçants (elle-même infiltrée par de nombreux voleurs qui cherchaient des sources de revenus légales) menaça de quitter la ville et de s'établir à Dyvers ou à Urnst. Le maître de la Guilde des voleurs, Yavos l'Ancien, donna raison à l'Union, mais un grand nombre de voleurs de haut niveau n'avaient pas l'intention de renoncer à cette manne. Presque tous ces voleurs de la « vieille garde » étaient des fidèles de Kurell et ils envisageaient de faire la guerre pour unir tous les voleurs sous la direction des prêtres de Kurell, Un conflit éclata entre les responsables de la guilde, en 533 AC, et il y eut de nombreuses pertes. Beaucoup de voleurs de bas niveau quittèrent la cité pour rester en vie. Quand la guerre fut terminée, la puissance de la guilde était annihilée et les réformateurs l'avaient emporté.
Sous Yavos le jeune (dont le père avait péri dans les combats), la Guilde des voleurs changea de stratégie et se mit à travailler presque main dans la main avec les marchands et les hommes d'affaires de la ville. Un système de protection rémunérée fut établi. Bien que les marchands ne soient pas très heureux de payer, ils admettaient qu'espérer empêcher tous les vols était vain. Ils apprécièrent bien vite le fait que les criminels de la cité non seulement évitaient leurs locaux mais, en plus, empêchaient les voleurs étrangers à la guilde de s'emparer de leurs biens, On accorda même à Yavos un siège au sein de l'Oligarchie et la Guilde des voleurs y gagna une sorte de reconnaissance qui surprend tous les étrangers (et beaucoup de citoyens aussi).
Peu après, la rumeur concernant l'apparition d'une Guilde des assassins étonna encore plus et inquiéta énormément, Chaque mort en ville était soupçonnée être l'œuvre de tueurs engagés, alors qu'en fait, ce n'était presque jamais le cas. La Guilde des assassins fut créée par un groupe de voleurs qui avaient reçu de leur guilde l'ordre de traquer et de tuer les prêtres et les voleurs de Kurell qui avaient fui pendant la guerre de 533 AC et qui, aujourd'hui, s'en prenaient aux marchands de Greyhawk, à Dyvers. Les voleurs accomplirent leur mission avec tellement d'efficacité qu'ils devinrent le bras armé de la Guilde des voleurs, une sorte de force de sécurité, En très peu de temps, ils formèrent un groupe distinct, servant également l'Oligarchie, en assassinant les Hiérarques de la Société Cornue qui avaient tenté d'infiltrer Greyhawk pour y déclencher une révolte.
Au milieu du VI° siècle, un magicien de la Côte Sauvage, nommé Mordenkainen, entama discrètement des négociations avec plusieurs sorciers de la région de Greyhawk pour former un groupe chargé de protéger la Flanaesse de toure menace extérieure. Ce groupe devint célèbre sous le nom de Cercle des Huit, prolongement d'une précédente association de huit puissants personnages réunis par Mordenkainen, la Citadelle des Huit. Le quartier général du Cercle des Huit était situé dans la demeure de Mordenkainen, dans les monts Yatil. Peu de ses membres étaient connus du public, à part Bigby et Tenser. Ce dernier était déjà un habitant semi-permanent du domaine de Greyhawk depuis qu'il avait pris possession d'un vieux château sur la rive sud du Nyr Dyv, près de la cité. On connaît deux autres puissants mages ayant fait partie du Cercle : Bucknard (qui à disparu en 579 AC et fut remplacé par Jallarzi) et le vénérable Léomund, un immigrant de l'est qui a quitté l'association en 576 AC et qui ne fait plus beaucoup parler de lui depuis, Otiluke prit sa place un peu plus tard, la même année.
Le Cercle des Huit fut créé pour de multiples raisons. Les Hiérarques représentaient une menace croissante au nord et il fallait encore une fois se protéger de leur réseau d'espions er d'assassins. Autre fait inquiétant, un grand nombre de cultes maléfiques réapparaissaient dans des endroits normalement sûrs, comme Verbobonc et la Furyondie ; le Grand Royaume décadent, mais encore très puissant, constituait aussi un péril et plusieurs puissants mages et prêtres totalement fous ne voyaient en Greyhawk qu'un joyau dont il fallait s'emparer (à l'instar de luz, avant eux) ou écraser sous leurs talons. Le plus tristement célèbre de ces lanceurs de sorts maléfiques était Iggwilv qui, d'après Mordenkainen et certains autres, était encore en vie et capable de revenir sur Toerre. Tout aussi fameux, le magicien renégat connu sous le nom de Murq qui, en 561 AC, avait enlevé des enfants nobles de Greyhawk et fuit la ville, Personne n'a jamais su ce qu'il advint de ces enfants bien qu'un groupe d'aventuriers (guidé par le Cercle des Huit) ait traqué Murq jusque dans le nord lointain et, par la magie, l'ait empêché de s'en prendre encore une fois à la ville. Le destin de Murq et des enfants ne fut jamais révélé au public.
Les manipulations discrètes de Mordenkainen et de ses deux organisations eurent des résultats notables. Elles contribuèrent, en partie à la chute du Temple du Mal Élémentaire, en 569 AC, à Verbobonc, empêchèrent Iggwilv de conquérir la Toerre en 570 AC, perturbèrent les plans de la Société Cornue et de Iuz er réalisèrent d'autres exploits trop nombreux et trop secrets pour les mentionner tous. Ils s'arrangèrent surtout pour pousser les aventuriers à prendre ces causes à leur compte en les poussant vers un certain secteur où vers une mission précise. Il en résulta un accroissement de l'exploration des cairns dans les collines autour de Greyhawk. On découvrit dans les Abbor Alz de nouveaux sites funéraires, qui furent baptisés les cairns de l’Etoile. Le château de Greyhawk attira de nouveaux des chercheurs de trésor et les rues et tavernes de la cité furent envahies de héros prenant du bon temps avant de partir et rapportant de leurs aventures (quand ils revenaient) des récits étranges et des artefacts bizarres qui appâtaient encore plus de monde.
La chasse aux trésors dans le château de Greyhawk eut des conséquences inattendues. En 570 AC, luz fut soudainement libéré de son emprisonnement dans les donjons sous l'ancienne demeure de Zagig, à la grande consternation des quelques habitants de La ville Franche qui l'aperçurent brièvement quand il quitta les ruines, Il regagna alors son ancien royaume, au nord, Plusieurs membres du Cercle des Huit tentèrent d'empêcher sa fuite, mais en vain. D'autres entités puissantes, dont certaines étaient des demi-divinités et parfois des seigneurs démons, firent leur apparition autour des ruines. Apparemment, elles s'étaient libérées seules de leur captivité, ou grâce à la maladresse de quelques aventuriers peu scrupuleux, comme le seigneur Robilar de Greyhawk, un guerrier de la Côte Sauvage qui avait la sale manie de libérer de leurs liens magiques des monstruosités maléfiques, Toutes en voulaient personnellement à Zagig et jurèrent de se venger de lui une fois qu'elles se seraient remises.
Les autorités de la ville furent particulièrement stupéfaites d'entendre certaines de ces créatures enragées affirmer que Zagig était encore en vie et actif alors que tout le monde le croyait mort. Aussi, Mordenkainen et ses associés révélèrent qu'ils pensaient que Zagig (appelé aujourd'hui Zagyg, une variation de son nom souvent employée par l'archimage fou pour signer des documents, quand il était Bailli de Greyhawk) non seulement était vivant mais qu'il avait acquis le statut de demi-dieu: plusieurs membres du Cercle le vénéraient. Des prêtres pouvaient utiliser des sorts au nom de Zagyg qui se révéla lui-même un serviteur du dieu de la magie, Boccob, Depuis, le culte de Zagyg compte quelques fidèles à Faucongris, même s'il n'a jamais été très puissant dans sa propre ville,
En 571 AC, un violent conflit éclata dans la Vieille Cité de Greyhawk, entre la Guilde des voleurs et l'Union des mendiants. Une partie de la Vieille Ville fut incendiée par accident, tandis que la Guilde des voleurs atteignait le faîte de sa puissance. Un maître voleur nommé Nérof Gasgal décida d'entrer en politique après avoir survécu à un fait d'armes traumatisant ; il devint Seigneur Bailli de Faucongris en 570 AC, à l'âge de 30 ans (presque le plus jeune Seigneur Bailli de la ville), Son plus proche ami, Org Nenshen, devint Maître de la Guilde des voleurs en 572 AC, après la mort (naturelle) d'Arentol qui avait conduit les voleurs à la victoire contre les mendiants Ces deux hommes dynamisèrent le gouvernement de la ville, améliorèrent les conditions commerciales et ÿ attirèrent de nouveaux négociants étrangers, pour accroître les richesses et les capacités de la région. Glodreddi Bakkanin, Inspecteur des Impôts de la ville depuis très longtemps, fut encouragé à trouver de nouvelles sources de revenus pour remplir les coffres, ce qu'il fit avec beaucoup d'ardeur et d'astuce. (L'apparition des Agents du peuple en 575 AC fut une de ses réalisations les plus jureuses financièrement).
La monnaie de Greyhawk fut également réformée en 579 AC, et surtout simplifiée, au soulagement général. Greyhawk était de nouveau reconnue comme le cœur de la civilisation et elle attira de nombreux puissants personnages qui mirent la ville à l'abri des machinations ourdies par plusieurs cultes maléfiques (comme le Culte de Iuz de la monstrueuse Faucon et le Culte de Vecna, qui tentèrent de prendre le pouvoir en S81 AC). Les diplomates des pays étrangers se rendirent dans la ville Franche pour négocier des accords internationaux et discuter des frontières régionales, ce qui ne fie qu'améliorer l'image de Greyhawk.
En 574 AC, Turin Traquemort rejoignit l'Oligarchie, après que route la haute hiérarchie de la Guilde des assassins eut été massacrée par un mezzoloth. (Un mage fou l'avait invoqué au cas où il serait tué et avait ordonné à la créature de traquer ses assassins. Le mage ayant menacé la ville de Greyhawk, la Guilde des assassins fut engagée pour l'éliminer.) Turin améliora les capacités d'espionnage de sa guilde, ce qui permit de surveiller les mouvements de troupes sur le Nyr Dyv. Quand la guerre éclata entre la Pavoisie er la Société Cornue, en 579 AC. Greyhawk apparaissait comme un refuge inexpugnable et certains habitants de la Pavoisie, chassés de leurs maisons, s'y rendirent entre 580-582 AC, quand leur pays fur envahi par Iuz, au début de la Grande Guerre.
Le territoire de Greyhawk, comme nous l'avons indiqué précédemment, s'est beaucoup étendu après la Grande Guerre. Quand le Pacte de Greyhawk fut signé, en vendangier 584 AC, les Oligarques et le Seigneur Bailli de la ville revendiquaient un vaste territoire protégé par la plus puissante force militaire de son histoire. La menace la plus directe vint de l'empire de Turrosh Mak au sud, mais la trahison de l'archimage Rary, les agents de la Fraternité Écarlate et de Iuz mais aussi les prêtres des religions bannies pouvaient détruire la cité de l'intérieur. En 583 AC, la terrible épidémie qui s'abattit sur Ormevile fut un rude coup porté à la sécurité du domaine. La renaissance du Cercle des Huit, en 585 AC, un an après que Rary eut tué deux de ses membres avant la signature du Pacte, fut acclamée par tous en ville,
Entre 585 AC et 591 AC, Faucongris entama de nouvelles réformes. Le soutien financier à la Furyondie, pour entretenir sa flotte, avait cessé, mais il avait été redistribué à l'est, vers le Nyrond, pour permettre au roi Lynwerd Ide conserver le pouvoir et d'éviter l'effondrement de son royaume, Le roi Lynwerd réduisit les impôts, permettant ainsi à ses sujets de dépenser plus d'argent en achetant des produits étrangers. Cela incita de nombreux marchands à revenir dans ce royaume pour ouvrir de nouveaux marchés. L'embargo de la Fraternité Écarlate sur les détroits entre le Pomarj et les Onouailles fit chuter l'activité maritime (pourtant de nombreux navires acceptèrent de payer la taxe réclamée par la Fraternité pour passer). Les navires marchands du Nyrond et de la Kéolande pouvaient donc se rencontrer encore dans les docks des ports. Des émissaires de la Guilde royale des marchands du Royaume-Uni d'Ahlissa entamèrent des négociations avec leurs confrères de l'Union marchande de Greyhawk. La prospérité poussa plusieurs guildes à se scinder et à se réorganiser pour augmenter leurs profits et étendre leurs marchés. Bon nombre d'expatriés de la guerre qui se pressaient en ville furent relogés dans les villages environnants, On leur donna de petites fermes et où ils purent refaire leurs vies tout en fournissant à Greyhawk des produits agricoles et des taxes. D'autres réfugiés, particulièrement compétents dans un certain domaine, implantèrent de nouvelles activités.
Comme les routes commerciales du nord sont bloquées par l'empire de luz, le trafic naval entre les États du Nyr Dyv et de la mer d'Azur transitant par la baie des Moutons a pris une grande importance. Greyhawk est donc une fois encore le centre des affaires de toute la Flanaesse, Personne ne sait combien de remps elle pourra conserver cette position en cette époque d'incertitudes politiques. Peut-être que même les dieux l'ignorent…
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Roger E. Moore
L'aventure Commence
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Traduction française
Le précédent épisode vous présentera l'histoire de la Flanaesse : de la Grande Guerre à aujourd'hui.
Bonne lecture.
Le Chevalier de Greyhawk
